Vous souhaitez un reportage en extérieur ou en studio   ?

Contactez-moi via l'onglet "Contact", en précisant dans votre demande, la date de l'événement, et les horaires.
Vous obtiendrez un devis précis et rapide.

Les clichés de l'artiste photographe présentées sur ce site sont protégées en droit d'auteur. Vous ne devez en aucun cas utiliser tout ou partie des photos sans autorisation écrite de l'auteur. Conformément à l'article L122-4 du code de la propriété intellectuelle.

Les retrouvailles entre Émilie et Jonathan dit Jaym ne furent pas de simples salutations de vieux camarades du collège Gérard Philipe, mais une véritable fusion créative. Dans l’intimité du studio, Émilie, cette sublime danseuse à l’élégance naturelle, a offert son corps et son mouvement à l'objectif de l'artiste. Chaque pose, chaque extension et chaque envolée étaient le fruit d'une complicité retrouvée, où les années passées semblaient s'effacer devant l'immédiateté du geste artistique. La séance de chorégraphie photographique a capturé cette grâce aérienne qui la définit, transformant sa silhouette de maman épanouie en une œuvre d'art mouvante. L'artiste plasticien, avec l'œil aiguisé d'un ami de jeunesse, a su saisir la quintessence de sa personnalité, entre force et douceur, tandis qu'elle parcourait l'espace avec une fluidité déconcertante. Les clichés révèlent une femme qui porte en elle les cultures du monde entier, chaque mouvement étant imprégné des voyages qu'elle affectionne tant, créant un langage universel par le biais de la danse.


Le projet a pris une dimension encore plus profonde et intime lorsque le duo s'est penché sur le travail de mémoire liée à la maternité d'Émilie. La réalisation d'un buste a débuté par un moment de recueillement et de technique : l'utilisation d'un moulage en plâtre réalisé lors de sa grossesse. Cette enveloppe de plâtre, vestige figé d'un instant de vie où elle portait ses enfants, est devenue la base de travail de Jaym pour honorer la figure maternelle. Manipuler ce moule demandait une précision extrême et un respect infini pour ce que l'objet représentait émotionnellement pour son amie. Elle observait avec émotion le plâtre blanc, cette coque qui avait autrefois épousé ses courbes les plus précieuses, prête à entamer sa métamorphose en une sculpture durable. C'était un passage de témoin entre la réalité biologique et la réinterprétation artistique, où le corps d'hier devenait la fondation d'une œuvre éternelle, célébrant la puissance de la vie et la beauté de la procréation.


C'est dans l'atelier, au milieu des poussières de pierre et des outils de sculpteur, que Jaym a entrepris la réalisation finale du buste en béton allégé. Ce choix de matériau n'était pas anodin : le béton, souvent perçu comme froid et industriel, devait ici être travaillé avec une délicatesse telle qu'il en deviendrait organique et vivant. En coulant le mélange dans l'empreinte laissée par le corps d'Émilie, l'artiste a insufflé une nouvelle âme à cette matière brute, cherchant à restituer la souplesse de la peau et la courbe du ventre. Le processus de séchage et de démoulage a été vécu comme une naissance seconde, révélant une sculpture à la fois massive et légère, solide comme le roc mais empreinte d'une poésie indicible. Chaque imperfection du béton a été soigneusement poncée pour que la lumière accroche le relief, rendant hommage à la fois à la danseuse gracieuse et à la mère protectrice qu'Émilie incarne avec tant de naturel.


Une fois la structure en béton allégé stabilisée, Jaym a apporté la touche finale par un travail de peinture méticuleux, visant à donner une profondeur texturale au buste. Il ne s'agissait pas simplement de colorer la surface, mais de souligner les volumes et de rendre l'œuvre vibrante, presque chaude au toucher. Le gris métallisé choisi selon le goût d'Émilie, peut-être pour évoquer les terres lointaines et les cultures qu'elle a explorées à travers le globe, créant un pont entre son histoire personnelle et son ouverture au monde. La peinture est venue habiller le béton de reflets subtils, transformant l'objet inanimé en une célébration chromatique de la féminité et de la transmission. Sous les doigts du mouleur, le buste est devenu un talisman, une représentation authentique de l'amitié qui lie les deux anciens camarades, où l'art devient le réceptacle des souvenirs les plus chers et des liens les plus profonds.


Aujourd'hui, l'œuvre achevée et les photographies de la chorégraphie témoignent d'une synergie rare entre deux âmes qui se connaissent depuis l'adolescence. Pour Émilie, voir son propre buste sculpté d'après son moulage de grossesse est une expérience d'une intensité rare, une manière de fixer pour toujours l'amour qu'elle porte à ses deux enfants dans la matière. Pour Jaym, ce travail représente l'aboutissement d'une recherche sur l'humain, où l'amitié sert de moteur à la création technique et esthétique. L'art, véritablement ancré dans le cœur de ces deux complices, a permis de transformer un simple souvenir de collège en une aventure artistique monumentale. Que ce soit à travers ses pas de danse élégants ou les mains chargées de béton de l'artiste, leur collaboration restera comme un hymne à la vie, prouvant que les amitiés de jeunesse sont souvent les plus fertiles lorsqu'elles se retrouvent autour d'un projet commun.


Cette collaboration entre eux dépasse largement le cadre d'un simple projet créatif pour devenir un véritable sanctuaire de mémoire. En figeant la grâce éphémère d'une danse et la courbe sacrée d'une maternité dans le béton et l'image, ils ont réussi à capturer l'essence même de leur parcours respectif depuis les bancs du collège Gérard Philipe. Ce buste, né d'un moulage intime et retravaillé avec une précision d'orfèvre, n'est pas seulement une représentation physique ; c'est un symbole de la force des racines et de la pérennité des amitiés d'enfance qui, comme la matière sculptée, défient le temps. Pour Émilie, cette œuvre restera un repère visuel de son voyage personnel, tandis que pour l'artiste, elle demeure le témoignage d'une confiance absolue accordée par une amie de toujours. Dans le silence de l'atelier ou sous les projecteurs, l'art a permis à ces deux complices de sceller un pacte de beauté et de transmission, offrant à leurs entourages respectifs une preuve tangible que la passion et la fidélité sont les plus beaux matériaux de l'existence.